Ce vendredi encore je reprendrai des citations du livre de Marc Loret  « L’échec scolaire, comment l’éviter et le surmonter ».

« Donner du temps au temps » est le titre d’un chapitre qui  me parle beaucoup aussi.

Il commence par une citation de Jean-Jacques Rousseau :

« Oserais-je exposer ici la plus grande, la plus importante, la plus  utile règle de toute l’éducation ? Ce n’est pas de gagner du temps , c’est d’en perdre  »

Et de poursuivre par « L’une des caractéristiques de notre monde moderne est d’aller vite, de plus en plus vite, pour se déplacer, faire les courses, préparer les repas. »

Il cite ensuite l’exemple d’un petit garçon nommé Erwann :

« Erwann n’est pas épargné par cette course interminable. Les jours de repos, il doit suivre le rythme de la famille, se lever à telle heure , se rendre chez la nourrice, courir à son cours de solfège ou d’équitation, rentrer, goûter, regarder la télévision ou jouer à un jeu video…

Les jours d’école, il doit se lever tôt, se dépêcher pour ne pas arriver en retard et rentrer le soir, faire ses devoirs, se laver… et recommencer le lendemain.

En classe, il est soumis à un rythme d’apprentissage soutenu et intensif car les programmes sont denses et il n’est pas question se s’amuser.

Erwann vit à 100 à l’heure, manque d’attention, est souvent fatigué. Il paraît peu motivé par les apprentissages.

Il y a danger

Une dérive entraînant une autre, arrive le moment où Erwann craque. Il a atteint ses limites. »

Je crois que beaucoup d’enfants peuvent se reconnaître dans le petit Erwann.

Nous voulons tous offrir à nos enfants une ou deux activités extra-scolaire, qui leur fasse découvrir d’autres univers, les valorise ailleurs qu’à l’école.

Nous-même avons des journées de travail chargées, qui nous conduisent la plupart du temps à de voir gérer entre 18-19h et 20-21h, les devoirs, le bain et le repas.

Cela fait beaucoup dans un horaire où parents et enfants sont déjà fatigués après une journée trop dense. (car pour les adultes aussi, les sollicitations sont trop nombreuses, dans le stress, parfois une ambiance délétère générée par l’impossibilité notoire de réaliser les tâches exigées dans le temps imparti, avec en prime  les temps de déplacement)

En France, nous sommes certainement les champions d’un programme trop dense , voici ce que j’en disais ici il y a déjà quelques temps.

Je ne reprendrai de que deux diagrammes éloquents, l’un trouvé dans un rapport de l’OCDE de 2008, l’autre dans le journal Le Monde :

Nombre d’heures passées en classe par les enfants de 7-8 ans dans les pays visés par l’enquête  (cf. indicateur D1 en bas de page):

Nombre de jours de classe par an dans les pays d’Europe :

Mais au- delà des aberrations de la gestion de l’école de ces dernières années,  demandons- nous quel rapport nous avons au temps.

Que celui d’entre nous qui n’a jamais regretté de ne pas pourvoir caser 48h en 24, jette la première pierre.

Pourquoi cette boulimie d’activités ? Vers quoi courrons-nous ?

Après tout nos enfants ne font que subir cet étrange rapport au temps qui est devenu la norme, et qui en réalité ne convient à personne.

D’autres liens pour poursuivre la réflexion  : (je n’ai pas forcément lu en détail, et c’est bien sûr non exhaustif)

Phypa