J’ai trouvé, dans la bibliothèque de mon patelin, le livre de Badinter : « L’amour en plus ».  Comme je ne connais d’elle que ce qu’on en dit (surtout les histoires autour de son dernier bouquin qu’on dit anti-allaitement, anti-couches lavables etc… ), je me suis fais la réflexion que ce ne serait pas mal de se renseigner par soi-même.
Vu l’image qu’on en donne, je ne me voyais pas commencer par « Le conflit », mais comme je ne veux pas mourir idiote, je me suis dis que ce serait peut être pas mal de se renseigner pour (éventuellement) critiquer en connaissance de cause.

Pour le moment, je n’en suis qu’au début du livre. Mais il y a déjà des choses qui m’interpellent, qui me parlent.

« L’amour maternel n’est qu’un sentiment humain. Et comme tout sentiment, il est incertain, fragile et imparfait. Contrairement aux idées reçues, il n’est peut être pas inscrit profondément dans la nature féminine.« 

Pour Badinter, l’amour maternel n’est pas instinctif. Je dois avouer, je pense qu’elle a raison. Si la majorité des femmes aiment leurs enfants, il y en a aussi qui, soit, y sont indifférentes, soit, carrément, les détestent. Il n’y a qu’à voir tous ces faits-divers glauques dont certains médias sont friands.

« Et, malgré les intentions libérales, on ressent toujours comme une aberration ou un scandale la mère qui n’aime pas son enfant« 

Effectivement, on ne comprends pas qu’un femme puisse, ne pas aimer son (ou ses) enfants. Pourtant, si l’enfant n’a pas été désiré par la femme, si il s’est imposé à elle (par le biais de la pression familiale, culturelle, sociétale…), c’est finalement assez logique. Si elle a vécu l’arrivée de l’enfant comme la fin de ses libertés, comme un sacrifice énorme de sa part, elle risque d’en garder une rancoeur contre l’enfant, lui reprocher ce qu’il a rendu impossible (études, vie plus libre, voyages, etc) Dans ce genre de cas, en effet, il y a de grands risques que la femme n’aime pas son enfant. (Je parle ici de femmes vivant dans notre société actuelle, tant des pays tel que la France, industrialisés)

Beaucoup de mères, à l’heure actuelle, se proclament (avec humour) « mères indignes ». Ce phénomène est, à mon avis, du aux pressions que la société met sur les épaules des mères. Ces femmes refusent de se conformer à l’image de la mère idéale, qui s’oublie pour son enfant. (Faut bien avouer, l’image de la mère parfaite, douce aimante, patiente à l’infini… est encore très présente et culpabilise énormément de mères) Ce ne sont pour autant pas des mères qui n’aiment pas leur enfant, bien au contraire. Mais elles réclament le droit de l’aimer comme elle le veulent, sans se soumettre au diktat de la société.
De la même façon, la société a du mal avec les femmes qui ne veulent pas être mères. Pourtant si celles-ci cédaient et avaient un enfant « contre leur gré » (si on peut dire), pourrait on s’attendre à ce qu’elles les aiment et prennent plaisir à s’occuper de leur bébé?
C’est un vaste débat que je n’aborde que trop brièvement. Mais à mon sens, pour qu’on femme aime son enfant, il faut, avant tout, que cet enfant ait été désiré par elle (et par le père aussi d’ailleurs, c’est mieux si on veut éviter les tensions dans la famille.)

Là où je ne comprends pas (bon, peut être que c’est parce que je ne suis qu’au tout début du livre) c’est pourquoi Badinter mais systématiquement la femme et la mère en « conflit » (Va falloir que je lise son autre bouquin là… vu que ça en ai le thème principal…). Pour elle, la femme s’oublie automatiquement au profit de la mère.

« Au contraire, quand l’enfant sera l’objet des caresses maternelles, l’épouse l’emportera sur son mari, du moins au sein du foyer familial. Et, lorsque l’enfant sera sacré Roi de la famille, on exigera, avec la complicité du père, que la mère se dépouille de ses aspirations de femme. Ainsi, subissant malgré elle l’influence des valeurs masculines, c’est la mère triomphante qui saura le mieux venir à bout des prétentions autonomistes de la femme, gênantes à la fois pour l’enfant et le mari.« 

Est-ce parce que le livre date un peu? Je ne me retrouve pas du tout dans cette description. Quand je vois, sur le net, le nombre de femmes maternantes, parfois au foyer, parfois pas, qui doivent maintenant réclamer leur libre droit à cette vie, je me demande si on a vraiment avancé. Parce qu’on en est là maintenant, pour beaucoup (notamment pour un bon nombre de féministes) décider de s’occuper de ses enfants, c’est déchoir. (voire, pour les féministes, c’est trahir la cause, pour les plus extrémistes…)
Pourquoi concevoir ainsi la femme-mère? On peut très bien être une femme épanouie, autonome, tout en étant mère et en consacrant du temps à ses enfants? On peut très bien être épanouie et se sentir femme tout en étant au foyer? (Bon, on est moins autonome, financièrement parlant, quand même, faut l’avouer)
Ce ne sont pas les enfants qui font la femme, mais l’homme, le compagnon, le mari. C’est lui qui montre à la femme qu’elle l’attire, qu’elle le séduit. On n’est pas du tout dans le même rapport avec ses enfants, c’est quand même évident!
Je n’ai pas le sentiment de me « dépouiller de mes aspirations de femme » quand j’allaite, change une couche ou prépare un repas pour mon fils. J’aurai cette impression si je laissais mon homme me forcer à rester à la maison pour ne faire QUE m’occuper des enfants, ce qui n’ai pas le cas.
Quand comprendra-ton que, si, il n’y a pas besoin d’être mère pour être femme, il faut automatiquement être femme pour être mère? Que l’on ne cesse pas d’être femme le jour où on devient mère?

Pourquoi transformer les rapports homme-femme en une telle lutte de pouvoir (avec l’enfant comme arbitre au milieu, hyper sain comme vision des choses hein…). Est ce que c’est réellement comme ça que la majorité des gens, des couples, vivent la parentalité, la vie de couple? Comme une lutte incessante pour savoir qui commande, qui porte la culotte? C’était peut être le cas du temps de nos aïeux, mais de nos jours?

Peut être que j’ai compris de travers le début du livre (auquel cas, ça promet pour la suite…) mais si il y a vraiment des gens qui réagissent encore comme ça de nos jours, il est grands temps de leur montrer qu’ils se trompent, que le couple, ce n’est pas une incessante lutte pour le pouvoir et que la mère n’est pas forcément un danger pour la femme… (À partir du moment où on nous laisse nos propres choix de vie.)

Si tu veux me retrouver chez moi, c’est par ici.

Et pour un ancien article à propos du même livre, c’est .

La Farfa