Après un billet très polémique sur une proposition de loi en faveur de la garde alternée, je me penche cette semaine sur  l’absence du père dans l’éducation des enfants avec un super livre : « Pack anti-crise des mamans seules » un petit guide de survie de la mère célibataire, une sorte de « Maman travaille », mais sans papa !

Les femmes qui élèvent leurs enfants seules n’ont pas fini d’entendre parler de l’absence du père et de son importance sur la construction de l’enfant. De quoi largement s’inquiéter du devenir de tous ces bambins issus de familles monoparentales, qui, rappelons-le, sont en majorité tenues par les mères !

L’absence du père est évidement problématique quand on élève des enfants, et c’est certainement une des choses les plus compliquées quand on se sépare de son conjoint. Un homme qu’on a autrefois aimé, qu’on déteste maintenant, parce qu’il est parti, ou parce qu’on l’a quitté, peu importe. On se doit, en tant que parent responsable, de garder un regard positif sur le père de nos enfants, qu’il soit là ou non. On n’est plus là pour le juger en tant que conjoint, et on doit régler nos conflits entre adultes, et surtout pas par l’intermédiaire des enfants.

Père démissionnaire, père absent, père inexistant, les mères célibataires sont encouragées à se poser des questions sur leur séparation, le rôle qu’elles ont laissé (ou pas) à leur conjoint, le rôle que celui-ci a bien voulu prendre, et comment c’est envisagé pour la suite.

L’absence du père n’est donc à pas à considérer de manière générale, mais plutôt selon votre propre histoire : comment s’est fondé votre couple, et à quel moment de la vie de votre enfant a-t-il pris fin ? Quelle est la place de votre ex-conjoint dans sa vie ? Particulièrement pour la mère et la fille, qui vivent cette relation en miroir, le rôle du père qui vient rompre le duo est important dans la construction de la personnalité de la petite fille, qui se différencie alors de sa mère à ses côtés.

Même s’il est absent, on souligne la nécessité de faire exister ce parent absent dans le discours de la mère, et surtout de le positiver, de le faire vivre. « J’ai passé de très bons moments avec ton père, nous avions très envie de t’avoir ». Ca ne mange pas de pain mais ça demande d’avoir un peu digéré la séparation, et d’avoir été effectivement heureuse …

S’il n’a pu être présent, et que des tiers l’aient remplacé ou non, il importe de le faire exister de manière positive dans l’esprit de votre fille : les histoires qui le concernent, les photos, les évocations seront bienfaisantes pour qu’elle puisse se représenter ce qu’est un père, et qu’elle en a bien un à elle.

Et de préciser que tous les enfants ont bien un père et une mère, que c’est indispensable pour donner la vie …

De même, s’il est toujours présent dans sa vie, prenez garde à ne pas laisser transparaitre vos éventuels conflits et sentiments négatifs envers lui, en tentant de préserver au mieux la vision en avoir : si vous trouvez qu’il ne remplit pas sa mission paternelle, gardez-vous bien de faire passer le message.

De toute façon celui qui élève l’enfant n’a jamais le meilleur rôle, et un enfant ne peut pas entendre que son père est nul. Attendez qu’il grandisse et se rende compte par lui-même !

On lit ensuite un réelle mise en garde, du côté des fils, sur le risque d’une relation trop fusionnelle, et la formation d’un « petit couple » mère / fils, et des mises en pratique au quotidien.

Les mères qui élèveraient leurs fils seules seraient-elles tout enclines à les surprotéger, à devenir de vraies mères poules et à gêner ainsi la construction de leur identité masculine ? Le cliché a la vie dure, et a accablé et culpabilisé nombre de femmes ces dernières décennies. Certains spécialistes voient cependant les choses d’un autre œil : dans Mères et fils, Odile Jacob 2007, le psychologue Alain Braconnier tente de remettre les choses à leur place en redonna t ses titres de noblesse à la mère « protectrice » : « ma pratique professionnelle m’a amené à constater que les difficultés des garçons à devenir des hommes tenaient le plus souvent à l’absence réelle ou affective des pères qu’à un amour excessif des mères ».

Bref, plein de pistes à explorer, de sujets à méditer, qu’on élève seule son enfant ou non. De toute façon, on n’a aucune envie d’être des mères parfaites, alors autant essayer d’être des mères acceptables ;)

Déculpabilisant, structurant, un peu de psycho, beaucoup de pratique, un vrai coup de pouce pour les mères célibataires !

Elodie, du blog Conseils Educatifs