Vous le savez, je le sais, nous le savons donc tous : la culpabilité ne sert à rien. Pire : elle empoisonne. Et pourtant, nous sommes nombreux (nombreuses ? Est-ce plus courant chez les femmes ?) à culpabiliser pour un oui ou pour un non. Voici des exemples tirés de ma propre expérience :

– mon fils a 7 mois et ne mange pas encore de viande ? A cause de moi, il ne va pas bien grandir.

– ma fille fait une crise dans la rue et je m’énerve contre elle ? Je suis une horrible mère.

– je suis dépressive ? Mes enfants vivent des choses qui vont les marquer pour toujours.

– je suis obèse ? Je leur donne un mauvais exemple.

– blablabla ? A cause de moi, blablabla.

TOUT est de ma faute. Voilà. Je sais que je ne suis pas la seule à penser comme ça (je vous rassure, il m’arrive de ne pas me sentir coupable) et que cela ne sert à rien. C’est une chose d’en avoir conscience, c’en est une autre de s’en libérer. J’ai quand même quelques solutions : parler au chef de mon cœur (il saura toujours me montrer les choses sous un autre angle), discuter avec des amies (mamans ou pas), lire certains ouvrages (pas tous, il ne faut pas se tromper). Mon auteur préféré, au cas où vous ne l’auriez pas encore compris, c’est Isabelle Filliozat et comme j’ai de la chance, elle a écrit un chapitre « Pour ne plus culpabiliser » dans Il n’y a pas de parent parfait. Je vous en livre quelques extraits en espérant que cela vous aidera aussi.

Le sentiment de culpabilité nous centre sur nous-mêmes et nous empêche souvent de résoudre les problèmes. Il est un frein à la relation et un poids inutile sur nos épaules. De deux choses l’une, soit nous sommes coupables, auquel cas, il s’agit de prendre nos responsabilités et de réparer, soit nous ne le sommes pas, le sentiment de culpabilité est donc malvenu.

Il existe trois situations :

1. Je suis réellement totalement responsable.

2. Je suis partiellement responsable.

3. Je ne suis pas responsable du tout.
Selon ce que j’ai coché :

1. J’accueille, voire je favorise et j’écoute la colère de mon enfant puis je répare.

2. Je fais la part des responsabilités, j’assume toute la mienne et rien que la mienne. Je ne protège pas l’autre parent ou qui que ce soit. Se sentir coupable est parfois une manière de porter à la place de quelqu’un d’autre…

3. J’identifie la perte ou la blessure subie, l’humiliation ou la frustration de mes besoins. Dans cette situation, je ne suis pas sujet, je ne suis pas décisionnaire… Je reconnais mon sentiment de culpabilité comme un retournement contre moi de ma frustration. C’est une tentative inconsciente pour me sentir au contrôle. J’accepte mon sentiment d’impuissance. J’ose sentir les émotions que je réprimais.

Clem la matriochka