J’ai regardé un reportage Arte sur l’éducation à la suédoise, ce pays où la fessée est interdite, où même hausser le ton ou menacer un enfant fait passer les parents pour des criminels… Là-bas, en Suède, dès leur plus jeune âge, les enfants connaissent le numéro de téléphone de BRISSE, le numéro à appeler quand un enfant se sent menacé par l’autorité de ses propres parents…

Ce reportage m’a assez chamboulé je dirai. J’y ai vu du bon mais aussi du mauvais dans cette loi suédoise.

A écouter ses parents suédois qui face caméra affirment ne jamais avoir eu envie de donner une fessée à leurs enfants, on a l’impression qu’ils sont les otages de leurs enfants. Les parents n’ont pas le droit de menacer leurs enfants, mais les enfants, eux, ont le droit de menacer leurs parents d’appeler BRISSE. Pour moi c’est un peu le monde à l’envers. Les enfants sont rois.

Avant même d’avoir la maturité nécessaire pour comprendre le monde des adultes, on leur offre une place d’égal à égal avec les adultes.

Les parents avouent qu’ils passent de longs moments à discuter avec leurs enfants pour leur faire comprendre leur positionnement. A-t-on toujours le temps de discuter?

Attention, je ne dis pas qu’il faille donner des fessées. Je ne suis pas pour. Pourtant ayant le sentiment d’être dans une impasse, j’en ai déjà donné, devant des colères phénoménales de mon fils. Elles n’ont rien résolu… Mon fils a continué ses colères, voir les a même prolongé et j’ai culpabilisé… Donner une fessée ne m’a jamais soulagé. J’ai compris après, qu’il suffisait de le laisser faire se colère et d’attendre qu’il soit ouvert à la discussion. Pendant la colère tout échouait.

Bref, pour en revenir au reportage, ces parents qui discutent avec leurs enfants, ne fessent pas et ne menacent pas… pour avoir la paix, ils marchandent. Oui, durant le reportage, une petite tête blonde de 4 ans n’ayant jamais reçu de fessées fait un caprice. Il ne connait logiquement pas la violence et pourtant, il frappe la porte avec un jouet… Pour mettre fin au caprice, les parents tentent d’abord la discussion puis marchandent : « Tiens, tu veux l’ordinateur ? » Et hop, on passe à autre chose.

Un couple de catholiques pratiquants et dont le père croit au « Qui aime bien châtie bien » se sont vu retirer leurs 4 enfants le jour où l’aîné a dit à l’école: « Non , n’appelez pas mon père, sinon je vais avoir une fessée! ».

En Suède, on ne crie pas sur un enfant faisant le bazar à l’extérieur de chez lui, même s’il dérange tout le monde. Un père avoue qu’à l’intérieur de son foyer, il est plus sévère avec ses enfants qu’à l’extérieur, que quand il sort avec, il prie pour qu’ils se tiennent bien. Les Suédois sont donc parfaits vu de l’extérieur parce qu’ils n’ont pas le choix avec leur loi.

Dans une école, je fus surprise de voir un des livres préférés de mes doudoux, l’histoire de Loup Gouloup qui ordonne à Madame Dupain de lui donner une galette utilisé pour décrire un mauvais comportement: celui d’ordonner quelque chose à quelqu’un.

Bref, ce reportage m’inspire beaucoup … et je vous invite d’ailleurs à le visionner (Date de rediffusion: Lundi, 19. décembre 2011, 03h10 sur Arte). Le modèle suédois, au fond, je n’en suis pas très fan. Le reportage m’a donné le sentiment de parents soumis à leurs enfants. Un faux pas des parents et hop l’enfant dénonce à BRISSE. Et apparemment, les services sociaux ne sont pas tendres avec les parents. C’est trop facile pour les enfants. Ils décident ce dont ils ont envie. Un modèle trop extrémiste à mon goût.

En France, leurs enfants, à qui il ne faut rien dire, passeraient certainement pour des enfants mal élevés…

Malgré tout, je reste persuadée que la fessée n’est pas une solution, elle n’apporte aucun réponse.

Ma citation préférée fut celle d’un africain ayant subi la fessée durant son enfance et venu vivre en Suède à l’âge adulte :

 » Personnellement me faire taper dessus parce que j’avais fait quelque chose de mal, ça ne m’a jamais rien apporté parce qu’en fait t’as la haine. Au lieu d’apprendre quelque chose, tu as la haine… « 

Ce qu’il dit, c’est ce que j’ai pu lire dans les yeux de mon fils les fois où il a eu des fessées… Je suis d’accord avec lui.

Je n’approfondis peut-être pas assez ma réflexion dans mon billet, je reste superficielle … Ce serait sans doute trop long. Je sais juste que je suis contre la fessée, pourtant j’en ai déjà donné par faiblesse, fatigue, épuisement moral et que la loi suédoise me parait un chouïa extrémiste.

MissBrownie