Dans Le Télégramme le 2 décembre 2011, une photo, un article.

Je pense à ma fille, 4 ans et demi. Je ne l’imagine pas avec un tel bijou au poignet. Malgré le Breizh Power.

Par extension, j’en viens à me demander : un enfant peut-il porter un bijou?

Les bracelets en silicone ont le vent en poupe, je trouve ça moche, je n’en veux pas au bras de ma fille. Les breloques en résines, plastiques, ambre, je n’aime pas non plus, je cherche un intérêt, c’est un jouet d’imitation, ma fille se prend pour sa mère, avec ça il faut la panoplie maquillage, soutient gorge et tampax. Bref, ça féminise et ma fille n’a, encore une fois, pas encore 5 ans !

Pour jouer entres copines un samedi après midi, pourquoi pas, et encore, je n’aime pas l’idée d’un jouet-bijou. Un bijou c’est un luxe. Je parle pour moi là hein! Mais pour moi un bijou c’est dans un écrin, c’est un symbole, affectif souvent. Et mélanger jouet et bijou je n’y arrive pas. Surtout pas sur le poignet de ma fille. parce que un bracelet en plastique rose c’est « rien » c’est pas grave si ça casse mais la gourmette Julien d’Orcel c’est autre chose. Et je ne parle pas du monsieur Porno hein !

Les colliers, trop dangereux. A l’école c’est interdit. Pas de religion ici, pas de baptême, pas de chaînes ou de pendentifs à la naissance. Deux rangs de perles d’un symbolisme particulier attendent un âge plus mûr pour comprendre le dit symbole. Quel intérêt de lui confier si c’est pour surveiller et hausser la voix « ne touche pas, pas en bouche, attention, ne tire pas dessus » (et je parle vraiment du collier!)

Les bagues HORS DE QUESTION. Déjà qu’elle manque de manger celle de ses Barbies… Et plus sérieusement, encore une fois le symbole. Un bague, un bijou, un luxe. Un jouet pour apprendre à être grande ? Je ne sais pas. Je me questionne.

Les boucles d’oreilles. La question se pose. S’est posée. C’est un héritage familial, une sorte de rituel. A l’âge de 4 ans, la grand mère maternelle offre la première paire de boucles et le piercing qui va avec. Et moi, quand ma Princesse a eu 4 ans, je me suis dégonflée. Piouffffffffffff. Comme ça.

J’ai eu peur. Peur qu’on me reproche un geste d’intrusion sur son corps qui lui appartient pleinement, qu’on aille parler de mutilation, peur de la douleur, peur de faire ce « trou » et de tout ce que ça pourrait représenter. Peur du bijou qui viendrait orner les côtés de son visage, peur de ce qu’il représenterait, le passage au stade « grande fille », le rituel familial qu’on reproduit sans réfléchir, le bijou, le luxe qui ne sert qu’à féminiser un corps pourtant encore de petite fille.

Alors non je ne sais pas. Les bijoux, pour l’heure, ce n’est pas pour elle, c’est plutôt pour moi.

Alors peut être que je réfléchis trop, mais c’est bien le but des Vendredis Intellos, réfléchir. Alors voilà, j’ai réfléchi. Aux bijoux et aux enfants. Aux enjeux sur leur frimousse, sur leur corps, sur leur intégrité. Et sur l’écho que ça prend dans le cœur d’une maman.

Merci de m’avoir lue, je rends l’antenne.

Mademoiselle Rêve