Crédit photo : Alexandra Klever/Bransch

Cette semaine je voulais votre réaction sur un article publié dans Times Magazine qui s’intitule « Small Child, Big Worries ». L’article traite d’un rapport sur les troubles psychologiques chez les très jeunes enfants suite aux travaux de l’association caritative « Zero To Three».

Je dois avouer que ce sujet m’interpelle. Les bébés ne parlant pas, le diagnostic se fait uniquement sur leur comportement. Mais comment savoir si un bébé est « trop » calme parce qu’il est déprimé ou parce que c’est tout simplement son caractère et qu’il est d’une nature plutôt calme ?
« If the idea of a depressed baby seems preposterous at first, it doesn’t once you know what to look for: the same fatigue, indifference and appetite change seen in depressed adults. The possibility that a shy baby may actually be socially phobic similarly seems less of a reach when you look at scans of the brain showing irregular activity in regions that process threat or fear. »
“Si l’idée d’un bébé dépressif peut paraitre absurde, ça le parait beaucoup moins une fois que l’on connait les signes à chercher: fatigue, indifférence et problème d’appétit que l’on voit aussi chez les adultes. La possibilité qu’un bébé timide puisse être phobique  parait beaucoup moins invraisemblable lorsque l’on voit sur un scan les activités irrégulières du cerveau dans la partie correspondant aux menaces ou à la peur »

Je n’ai aucun doute sur le fait que certains bébés qui vivent des situations particulièrement traumatiques peuvent tout à fait connaitre certaines formes de problèmes psychologiques. Il est vrai que les bébés possèdent des capacités à interagir avec deux personnes différemment, en se référant à l’une pour s’adresser à l’autre (« social referencing » des anglo-saxons). Cette capacité apparaîtrait très tôt dès l’âge de 4 ou 5 mois. Il est donc en mesure d’intégrer des mouvements émotionnels avec plusieurs personnes. Les mécanismes émotionnels et psychiques du bébé restent inconnus dans leurs détails mais jusqu’à présent, toutes les nouvelles connaissances le concernant ont donné des résultats dans le même sens : le bébé ressent et est capable, si l’on tient compte de son immaturité et de l’environnement compensateur, d’une grande palette sensorielle, émotionnelle et cognitive.  Le très jeune enfant pourrait tout autant souffrir psychologiquement qu’avoir mal.

L’article continue à interpréter un faisceau d’indice prouvant l’existence de la dépression chez les bébés et jeunes enfants. Les enfants montrant des signes de stress émotionnels se concentreraient par exemple plus longtemps sur les éléments menaçant d’une image qui leur est  montré. Les causes données de ces troubles dépressifs sont les même que chez les adultes : génétiques et comportementales.

« But the very malleability of a baby’s brain means that the earlier a problem is caught, the likelier it can be fixed. When a child seems troubled, parents should not hesitate to seek professional advice, and parents themselves should address their own problems, including depression and substance abuse. »
“La plus grande malléabilité du cerveau des bébés veut dire que le plus tôt le problème est pris, les meilleures sont les chances de le traiter. Quand un enfant parait être trouble, les parents ne doivent pas hésiter à consulter et doivent également adresser leurs propres problèmes, y compris dépression et problèmes d’addiction »

En publiant cet article, le Times a sans doute contribué à une augmentation des diagnostics de dépressions chez les bébés. S’il est important de communiquer sur le sujet, je m’interroge sur les conséquences d’être étiqueté « dépressif » si tôt sur le développement de l’enfant. Ce qui m’étonne également c’est d’avancer que 10% des bébés connaîtraient des troubles émotionnels ou psychologiques (le même pourcentage que chez les adultes) cela me parait beaucoup. Mais peut-être est-ce justement pour ça qu’il est important d’en parler, pour faire évoluer la conception que le public a du bien être psychologique des nourrissons. Après tout jusqu’à il n’y a pas si longtemps, on sous estimait grandement leur perception de la douleur physique. Et vous, qu’en pensez-vous ?

French Girl in London

Vous trouverez une version plus perso de cet article sur mon blog.