Tout est dans le titre, allez hop, circulez ! … Mais non rhoo je plaisante ^^

Ce soir, je vais te parler d’un extrait du livre « Jalousies et rivalités entre frères et soeurs », d’Adele Faber et Elaine Mazlish. Le titre du chapitre est « Les dangers de la comparaison ».

Franchement j’ai du mal à ne pas simplement recopier le chapitre tellement qu’il est bien. Mais bon ‘faut que je bosse un peu quand même (si c’est pas malheureux ! ^^).

Donc tu te dis bah oui si je passe la journée à dire au grand que le petit il déchire grave, forcément, le grand va être jaloux.

Oui. Mais jaloux comment ? Les manifestations de la jalousie sont vastes, vise un peu :

« Pourquoi n’es-tu pas aussi soigneux que Gary ? Il est toujours tellement net – les cheveux courts, la chemise rentrée. Il fait plaisir à voir. »

La réaction fut immédiate :

« Je vais pousser Gary dans la boue ! »

« Je ne peux pas le sentir. »

« Tu aimes toujours les autres mieux que moi. »

« Tout ce que je fais, c’est mal. »

« Tu ne m’aimes pas pour moi-même. »

« Je n’arriverai jamais à être telle que tu le souhaites, alors pourquoi essayer ? »

« Si je ne peux pas réussir à être la meilleure, je réussirai à être la pire. »

Rien que ça laisse à réfléchir. La jalousie peut être le point de départ d’un paquet de comportements, de réactions, plus ou moins destructeurs, destructrices…

La conclusion naturelle serait donc de bannir la comparaison négative. Au profit de la positive ? Un des personnages du livre te répond :

C’est tout aussi mal ! explosa la sœur de Dorothy. C’est exactement ce que ma mère m’a fait. Je me souviens du jour où elle m’a dit que j’étais plus « ordonnée » que Dorothy. Sur le moment, je me suis sentie folle de joie, mais après j’ai commencé à m’inquiéter pour de bon. Etais-je capable de continuer dans cette voie ? Et si oui, que se passerait-il si jamais Dorothy devenait ordonnée ? Que me resterait-il ? Je suis sûre que ma mère pensait me donner un coup de main, mais elle n’a fait qu’augmenter mon sentiment de rivalité à l’égard de ma sœur. (…) Et à l’égard de tout le monde (…) je me rendais malheureuse, en me comparant en tous points avec les autres. (…) Mon thérapeute avait à ce propos une phrase admirable : « Ne vous comparez jamais aux autres. Cela vous rendrait ou prétentieux ou amer. »

(Je kiffe cette conclusion)

Alors, bon, OK, pas de comparaison négative, pas de comparaison positive. Du coup… on fait quoi ????

On décrit. En plus c’est écrit dans le titre, tu pourrais suivre un peu quand même :P

Décrivez ce que vous voyez. Ou décrivez ce qui vous plaît. Ou décrivez ce qui vous déplaît. Ou décrivez ce qu’il faut faire. L’important c’est de s’en tenir à ce qui concerne la conduite de cet enfant-là. Ce qu’est – ou ce que n’est pas son frère – n’a rien à voir avec lui.

Et la compétition alors ? Elle existe à l’extérieur, pourquoi la bannir de la maison ? Parce qu’elle génère de la pression, de la tension, physique et morale. Alors

Faisons en sorte que notre foyer soit à l’abri de ce genre de stress.

(Franchement c’est bien dit non ?)

Tout ça c’est bien gentil, mais au quotidien, on fait comment ? Quand un enfant rentre tout content de sa bonne note, devant ses frères et sœurs, on lui dit quoi vu qu’on ne peut pas le complimenter sans que les autres se sentent dévalorisés ? Il mérite bien un ptit quelque chose quand même !?

Vous ne ferez jamais d’erreur en décrivant ce que l’enfant peut selon vous ressentir (« Tu dois vraiment être fier de toi ») ou ce que l’enfant a réussi (« Cette médaille tu l’as obtenue à force d’entraînement et de persévérance »).
(…) L’émotion et l’enthousiasme que provoque en vous le succès d’un enfant doivent être réservés pour le moment où vous serez tous les deux seuls ensemble. C’est plus que ne peuvent en supporter les frères et soeurs.

Et quand vraiment vous ne pouvez éviter qu’ils se comparent, par exemple lorsqu’ils ramènent leurs bulletins de notes :

Vous pouvez dire fermement aux enfants : « Pas de concours de bulletin ici ! Ce que vous m’apportez, c’est le bilan de votre travail et de votre conduite au cours des six dernières semaines. Je veux m’asseoir un moment avec chacun de vous individuellement, pour voir ce que dit votre maîtresse, et écouter ce que vous pensez de vos progrès. »

Vous ne pourrez bien sûr pas les empêcher de se comparer quand même entre eux. Mais ils doivent savoir que leurs parents ne les comparent pas.

Avant d’effectuer un récapilatif des règles, le chapitre se termine sur :

La semaine prochaine, lorsque nous reviendrons, nous tenterons de démolir le mythe selon lequel les enfants doivent être traités de la même façon.

Je sais pas toi, mais j’ai grave envie de connaître la suite.

Du coup je te demande présentement de m’attacher loin de ma carte de crédit pour ne pas aller commander le bouquin, mon banquier t’en remercie d’avance.

Blague à part, je pense qu’au quotidien c’est extrêmement difficile à mettre en œuvre. Les comparaisons sont assez rapides à faire, très ancrées dans nos habitudes, et cela va nécessiter une grande rigueur pour ne pas en laisser échapper. Difficile de faire attention à chaque minute à ce qu’on peut dire, dans le feu de l’action…

Vaallos